L'apport de l'Islam à culture universelle

Dans le monde arabe, nombre de poètes étaient également juristes, mathématiciens et philosophes de premier ordre, témoignant par là de l'unicité du savoir et surtout du caractère poétique de ce savoir. La science était belle, inspirée et utile. On n'est d'ailleurs pas bien loin de l'atmosphére de la Grèce antique et on peut même affirmer que sans l'école de traduction de Bagdad et la pléthore de commentateurs qui ont récupéré Platon, Aristote, Platin et tout le néo-platonisme subséquent pour le transmettre ultérieurement à la Scolastique médiévale, l'Occident aurait oublié ses racines helléniques.

Rappelons également que si Aristote était considéré comme le Magister primus, le Magister secundus était le très grand philosophe al-Farabi (v. 870-950), auteur par ailleurs de traités scientifiques et musicaux réputés. Et puisque nous évoquons le solide fond commun, n'oubilons pas que Dante plaçait Saladin aux côtés d'Hector, d'Énée et de Jules César dans le panthéon des paiens vertueux de sa Divine Comédie; n'oublions pas non plus que Frédéric II, empereur germanique du XIIIe siècle, apprit l'art de gouverner auprès des politiciens arabes et que Machiavel, trois siècles plus tard, était en contact avec les stratèges persans par l'entremise de Venise.

Qui s'est promené, ne serait-ce qu'en Andalousie, et a visité l'Alhambra où la cour des Myrtes est d'une douceur et d'un équilibre dont on ne retrouve d'aussi bouleversantes incarnation que dans la Grèce antique (le myrte, notons-le, symbolisait l'amour dans la mythologie grecque) sentira à quel point ce monde a vécu de beauté et d'harmonie.


Rachad Bouhlal
L'Ambassadeur